Un projet d’APS, comme tout projet concourant à l’inclusion sociale, nécessite de se construire dans une démarche d’intégration des personnes concernées. De sa conception à son évaluation, il doit favoriser l’implication et la responsabilisation des bénéficiaires. Cette démarche participative est essentielle à la réussite des objectifs identifiés.

En amont d’un projet d’APS :

NB La connaissance spécifique d’une structure d’accueil se fait à l’occasion de la présentation du projet d’APS à cette structure. Elle est un temps fort pour le démarrage de l’action et nécessite un temps de préparation avec les partenaires porteurs du projet (DRJSCS, DDCS/PP, Associations, collectivité territoriale etc.). La finalité partagée par l’ensemble des partenaires étant la mise en place de l’action, cette présentation devra être claire et ne négligera aucun point déterminant du bon fonctionnement du projet.
La participation de l’éducateur sportif à cette présentation est indispensable.

  • le projet d’APS doit être validé par la direction et être reconnu en tant qu’outil complémentaire à l’accompagnement des bénéficiaires par l’ensemble des équipes de la structure d’accueil. Cette démarche est importante pour que le projet d’APS entre dans la continuité du processus de (re)socialisation mise en place par les travailleurs sociaux.

Par ailleurs, le projet d’APS mené par les éducateurs sportifs, doit être présenté par les structures, dès l’accueil des publics comme une modalité à part entière de la prise en charge ;

  • la signature d’une convention entre les différnts opérateurs est un moyen fréquemment employé pour formaliser l’engagement de chacun ;
  • construire un projet qui favorise la mixité au sein des bénéficiaires et au sein de l’encadrement. La mise en place d’un encadrement pluridisciplinaire avec des personnes de différents statuts contribue à l’inclusion sociale des personnes (bénévoles, professionnels du champ social, sportif, culturel, médical, bénéficiaires, etc.) ;
  • s’interroger sur la pertinence de la présence d’hommes lorsque les bénéficiaires sont des femmes ayant été victimes de violences. Dans certains cas, cela permettra de revoir le rapport à l’autre, dans d’autres non. Le temps sera un facteur essentiel à évaluer, l’adaptation de l’offre d’APS par rapport au contexte également ;
  • il est parfois nécessaire d’organiser l’entrée en relation de l’éducateur sportif avec les bénéficiaires par un travailleur social pour faciliter l’installation d’un climat de confiance entre l’éducateur sportif et les bénéficiaires ;
  • identifier les problématiques singulières de chaque bénéficiaire avec les travailleurs sociaux et co-construire des objectifs pédagogiques à atteindre pour le groupe et pour chaque individu ;
  • tenir compte de la rotation du public et/ou du manque de régularité aux séances dans la conception des projets. Or, les projets sur le long terme nécessitent la présence régulière d’un même groupe sur plusieurs séances. Pour ce faire, il s’agira particulièrement sur ce point de travailler en étroite collaboration avec les travailleurs sociaux qui sont au quotidien avec les bénéficiaires, les connaissent mieux et les mobilisent plus facilement.
  • choisir le format du projet d’APS : pratique régulière, séjour de rupture ou compétition
    • la pratique régulière d’APS préconisée par les professionnels est au minimum 1h30 hebdomadaire de multi activité.
    • les séjours de ruptures, en dehors de la structure d’accueil, permettent le plus souvent une redynamisation notable des personnes à leurs retours. Cette redynamisation produite grâce aux séjours doit être relayée à l’équipe d’encadrement de la structure d’accueil pour éviter un décalage dans la prise en charge après le séjour. La participation d’un travailleur social au séjour peut faciliter cette continuité. Dans le cas contraire, un bilan individualisé pour chaque bénéficiaire doit être envisagé par l’équipe d’encadrement du séjour auprès des travailleurs sociaux.
    • la compétition est un format intéressant qui doit être particulièrement préparé avec les bénéficiaires. Elle peut avoir un effet redynamisant pour certains ou dévalorisant pour d’autres. Les comportements de certains peuvent déborder par l’enjeu de la victoire. La préparation doit viser à maintenir les participants dans un état d’esprit sportif, fair play et convivial. Le rapport à la compétition doit être accompagné. L’organisation d’une compétition est un outil événementiel intéressant qui peut également impliquer les non-sportifs sur des activités périphériques (la logistique, l’arbitrage, la communication, etc.) mais il faut être vigilant quand à son utilisation.
  • « on est une personne dans un cadre légal ». Le projet d’APS doit garantir la pratique des bénéficiaires en toute sécurité. Il est notamment indispensable de vérifier les couvertures sociales de chacun. Le certificat médical de non contre-indication à la pratique des APS, dans le cas d’une pratique non licenciée, peut ne pas être rendu obligatoire par l’organisateur. Toutefois, cette démarche administrative impliquant un rendez-vous chez un médecin, est intéressante à mettre en place dans une démarche d’insertion sociale. En effet, sans être une condition préalable obligatoire à la pratique, demander aux bénéficiaires de fournir un certificat médical lui permet de renouer contact avec le milieu médical et donne une indication supplémentaire à l’éducateur sportif quand à son état de santé afin d’adapter sa pratique des APS.

 

Au cours d’un projet d’APS :

  • selon les professionnels, la présence et la participation du travailleur social sur les séances semblent être une des conditions indispensables à la réussite du projet d’APS.
  • mettre en place des outils de suivi du groupe et de suivi individuel à co-remplir avec le travailleur social afin d’évaluer les progrès de chacun.

A l’issue d’un projet d’APS :

  • les APS peuvent déclencher la dynamique du développement personnel et amorcer le processus d’inclusion sociale d’une personne, le passage « d’une culture mortifère à une culture vivifiante ». Il est donc indispensable d’organiser la continuité de cette dynamique avec le travailleur social à l’issu du projet d’APS.
  • mettre en place un outil d’évaluation du projet et le communiquer aux différents partenaires.