Les problématiques récurrentes des publics en situation d’exclusion sociale sont nombreuses et singulières.

Quelque soit le traumatisme originel, les personnes cumulent souvent plusieurs difficultés renforçant leur isolement. Qu’elles soient à l’origine ou une conséquence du processus d’exclusion sociale, ces problématiques sont autant de freins à lever pour favoriser leur inclusion sociale.

Elles sont relatives à :


leur état de santé

Psychique : L’angoisse, la dépression, l’incapacité à se projeter, les instabilités émotionnelles, les maladies mentales, etc.

Psychologique : Les personnes sont souvent dans un état de renoncement (aux droits, aux soins…). C’est le principe du « non recours » à des droits ou des services sociaux. Elles développent souvent un sentiment de honte face à leurs situations qui freine l’ouverture à l’autre. Elles sont régulièrement dans l’incapacité à exprimer des émotions ou des sentiments, c’est le « syndrome de l’auto-exclusion » décrite par Jean FURTOS.

Physique Le corps est l’une des premières choses dénigrées voir maltraitée. Pouvant aller jusqu’à son abandon, on parle alors d’anesthésie corporelle. Plus grave encore, un syndrome de décorporalisation peut également apparaitre dans le cadre des victimes de violences sexuelles notamment. Les addictions aux drogues ou à l’alcool sont aussi une réponse d’autodestruction courante. L’hygiène corporelle et alimentaire est souvent négligée.

La décorporalisation : « Processus de modification physique et psychique correspondant au développement de troubles sensitifs affectant le schéma corporel et engendrant simultanément un clivage de l’image corporelle, dont le résultat final est la perte de l’investissement plein et entier de son propre corps par une personne, avec pour conséquences la perte du soin de son corps et de sa santé. Ce processus est provoqué par la nécessité de s’adapter à un contexte d’effractions corporelles répétées et régulières, ou imposant un vécu d’instrumentalisation extrême du corps de l’individu ».


leur capacité cognitive
En lien avec diverses autres difficultés rencontrées (l’isolement, la déscolarisation, le manque de sollicitation intellectuelle, les addictions..) la capacité cognitive est parfois altérée et implique :

    • une capacité de concentration réduite ;
    • une compréhension approximative des consignes ;
    • une notion du temps altérée.


leur relation à l’autre et à l’environnement

Le processus d’exclusion sociale conduit souvent à un isolement des personnes et à une altération de la relation à l’autre ou à la société tout entière. On peut constater :

    • un rejet, voire parfois une haine, de l’autre ;
    • un espace de vie réduit liée au manque de mobilité, à la sédentarisation et la volonté d’organiser sa vie sur un territoire donné ;
    • une rupture familiale, parfois liée à des actes de maltraitances ou de violences physiques, psychiques et/ou sexuelles ;
    • une déscolarisation ;
    • une situation d’illettrisme ou d’analphabétisation ;
    • une rupture culturelle ;
    • une barrière de la langue qui renforce l’état d’isolement ;
    • une importance du regard des autres ;
    • une peur des pertes de repères dans la pratique sportive (difficultés de sortir du football, de la musculation et de la course à pied).


leur situation économique et sociale

Tantôt une cause, tantôt une conséquence, la situation économique et sociale des publics de l’inclusion sociale est souvent très précaire. On peut observer :

    • une précarité et/ou une pauvreté ou une situation allant jusqu’à une absence totale de moyens financiers ;
    • une rupture professionnelle :
      • absence de formation et/ou de qualification ;
      • emplois précaires ou sans emploi ;
      • bénéficiaires des minimas sociaux type Revenu de solidarité active (RSA).
    • une absence de couverture sociale ;
    • une situation irrégulière transitoire des demandeurs d’asile (dans l’attente d’un titre de séjour).


Pour répondre à leurs problématiques, les personnes sont accompagnées par des professionnels. Le premier enjeu est de les aider à reprendre confiance en eux et à (re)donner un sens à leur vie. Certains éducateurs sportifs parlent de les aider à « passer d’une culture mortifère à une culture vivifiante. »