La France compte aujourd’hui plus de 8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. C’est la conjugaison de facteurs structurels (socio-économiques) et personnels, un enchaînement de causes et de ruptures sociales qui provoquent l’exclusion. Même s’il arrive que pour certaines familles la pauvreté soit présente depuis des générations, on ne naît pas précaire, exclu ou Sans domicile fixe (SDF). On le devient suite à une succession d’événements qui peuvent conduire à perdre pied : perte d’un proche, divorce, licenciement, violence…

Les structures d’accueil ou des établissements sanitaires et sociaux sont sollicitées dans le cadre de l’accompagnement de ces personnes :

Pour :

  • des actions de prévention (publics en danger d’exclusion sociale) ;
  • des actions de (re)médiation1 et d’insertion sociale (publics en situation d’exclusion sociale).

Par :

  • des jeunes adultes en rupture ;
  • des Mineurs isolés étrangers (MIE) ;
  • des mineurs bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ;
  • des femmes victimes de violences conjugales ou en rupture conjugale, parfois accompagnées de leurs enfants ;
  • des femmes victimes du système prostitutionnel ;
  • des chefs de familles monoparentales, souvent des femmes ;
  • des personnes sans domicile, sans abri ou risquant de l’être, se trouvant dans un état de fragilité à plusieurs niveaux (personnel, psychique, relationnel, social, juridique, sanitaire, de logement) qui rend difficile la mobilisation de ses ressources personnelles et des ressources de l’environnement ;
  • des demandeurs d’asile ;
  • des travailleurs pauvres ;
  • des personnes prises en charge par une structure psychiatrique ;
  • des personnes en situation d’addictions (alcoolisme, tabagisme, toxicomanies, addictions médicamenteuses, troubles du comportement alimentaires, conduite à risques…) ou de pathologies handicapantes ;
  • des sortants de prisons
  • des personnes placées sous surveillance électronique mobile ou fixe (PSEM/PSEF) ne relevant pas du statut de PPSMJ.

 

Les Personnes placées sous main de justice (PPSMJ) sont également en situation d’exclusion sociale et dirigées vers les structures relevant du Ministère de la justice :

  • les jeunes sous main de justice suivis par les établissements et services relevant de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ).
  • les personnes prévenues ou condamnées dans un établissement pénitentiaire relevant de la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

Répertoire des structures d’accueil des publics inscrits dans une démarche d’inclusion sociale

Quelques chiffres clés

Sources 2013 DGCS, SDFE, DPJJ, DAP.

  • 8,6 millions de personnes vivent avec moins de 964 euros par mois ;
  • 400 000 français sont tombés dans la pauvreté entre 2009 et 2010 (+0,6 point) ;
  • près de deux nouveaux pauvres sur trois sont des enfants de moins de 18 ans (leur taux de pauvreté en 2010 atteint 19,6%, soit une hausse de 1,9 point entre 2009 et 2010 ;
  • les inactifs contribuent fortement à l’augmentation du nombre de personnes en situation de pauvreté en France. Entre 2009 et 2010 : plus d’un nouveau pauvre sur six est un adulte inactif (non retraité et non étudiant), un nouveau pauvre sur dix est un retraité ;
  • un français sur cinq déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières. En 2008, sur les douze derniers mois, il s’agit de 15,4% de la population adulte.

Le renoncement à des soins dentaires est le plus fréquemment cité. Il concerne 10% de la population, devant la lunetterie (4,1%) et les consultations de médecins (3,4% généralistes et spécialistes confondus) ;

  • 3,5 millions de personnes sont mal-logés ;
  • 150 000 personnes vivent dans la rue ou dans des structures d’hébergement ;
  • 800 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire faute de pouvoir simplement se nourrir ;
  • d’après l’enquête des revenus fiscaux et sociaux de 2010 pilotée par l’INSEE, les femmes représentent 54,5% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté et 71,8% des pauvres de plus de 75 ans sont des femmes. Les femmes se situant dans les tranches d’âge intermédiaires constituent la quasi-totalité des cheffes de familles monoparentales et un tiers d’entre elles (34,5% en 2010) se situent en dessous du seuil de pauvreté1;
  • 67 050 personnes écrouées au 1er novembre 2013 au sein de 190 établissements pénitentiaires (dont 3, 3 % de femmes) ;
  • la durée moyenne d’incarcération est de 9,9 mois et l’âge moyen est de 34 ans.
  • 14 fédérations sportives sont partenaires de la DAP pour contribuer aux activités sportives en détention qui sont régulièrement assurées par les moniteurs de sport (environ 300).

Sur l’année 2013, au 31/09/2013, 117 803 jeunes sous main de justice sont suivis par la PJJ au sein de :

  • 220 établissements et services relevant directement du Ministère de la justice (secteur public) ;
  • 1 113 établissements et services habilités et contrôlés par le Ministère de la justice (secteur associatif – environ 500).

1 Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2010

Une personne est dite sans-abri
Une personne est dite sans-abri si elle a passé la nuit dans un lieu non prévu pour l’habitation, y compris les haltes de nuit qui leur offrent un abri (chaleur, café, etc.) mais qui ne sont pas équipées pour y dormir, ou dans un service d’hébergement (hôtel ou logement payé par une association, chambre ou dortoir dans un hébergement collectif, lieu ouvert exceptionnellement en cas de grand froid).

Source : L’hébergement des sans-domiciles en 2012 : des modes d’hébergement différents. INSEE Première, numéro 1455 (Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), 2013).

Une personne sans domicile
 Il n’existe pas de définition établi de la personne sans domicile. Chaque pays a sa propre définition en fonction de la réalité de son territoire.
Nous vous proposons cependant cet éclairage réalisé par la FEANTSA (Fédération européenne d’associations nationales travaillant avec les sans-abri) en 2007.
Source : Typologie européenne du sans-abrisme et de l’exclusion liée au logement (ETHOS) : lien
En savoir plus : PICHON Pascale. Sdf, sans-abri, itinérant: oser la comparaison. Presses universitaires de Louvain : Louvain-la-Neuve, 2009